Edito spécial Tour de France - 8 juillet 2015 

 

Mes 4 années de lutte, pour une année de course : l’histoire d’Henry Lemaire et du vélo au Pays du Coquelicot…

 


 

Henri Lemaire est née en 1922, il commencera le vélo 11 ans plus tard en 1933.

Il commence avec un vélo d’occasion, qu’il bricole un peu pour avoir l’air d’un coureur

Puis, à l’âge de 13 ans, son père lui achètera un vélo neuf à boyaux de la marque Neptune sans dérailleur.

Il s’entrainera et progressera sur les routes du Pays du Coquelicot, en passant par la côte de Thiepval, par celle de Doullens, parcourant 60 kilomètres, et même 120 kilomètres en 4h30… il progresse.

En grandissant, en amassant de l’argent, il s’achètera un vélo France Sport à jantes  allu avec des tubes Renols… un vélo léger et fin…

C’est dans la ville d’Albert qu’il choisira sont Club Car, rue Jeanne d’Harcourt. Monsieur Gimbel  lui donnera sa première licence.

Lors d’une course de 80 kilomètres, il passera par les villages du Pays du Coquelicot, gravissant 3 superbes côtes… Albert, la côte du bois d’Aveluy, Beaumont-Hamel, Miraumont seront des étapes de sont parcours… des villages ayant connu l’enfer de la Grande Guerre quelques années plus tôt… lors de cette course il termine 11é et 4é du Club Car d’Albert (CCA) et 1er des débutants 

Il enchaine les courses notamment sur Corbie ou quelques problèmes techniques le pousse à abandonner en fin de parcours. Lors d’une autre course au Pays du Coquelicot entre Bray-sur-Somme, Mametz, Albert et Amiens la fatigue, la faim et le manque d’énergie ne gâcheront pas sa persévérance, 110kilomètres en 3h04. Il finira 3e du CCA avec une moyenne de 36km/h

Il participe également au prix Mesnilois où il finira 1er du CCA avec toujours un parcours traversant les villages du Pays du Coquelicot : Mesnil Martinsart, Aveluy, Albert, Mailly Maillet et Auchonvillers !

Le 20 aout 1938, il participe à une course de 110 kilomètres pour le Prix de la ville d’Albert. Il gravira 40 côtes dont 12 difficiles et finira 3é du CCA !

Sous la pluie, la chaleur, il n’hésitera pas à courir. Sous les cris des encouragements, défiant les pannes, les accidents et toujours dans un esprit de camaraderie il remportera de nombreux petits prix.

Le vélo c’était sa vie ! C’était un sportif, un passionné, il suivait un régime stricte, sans alcool, sans cigarette, il fallait une bonne hygiène de vie pour dépasser ses limites et devenir peut-être un jour le meilleur…

Puis la Seconde Guerre Mondiale éclate et mettra en attente sa passion… il n’y aura plus de courses…la moitié des coureurs sont mobilisés dans l’enfer de la guerre…

Il aurait pourtant dû être dans l’année 40 le maître du CCA en 4e catégorie.

Voilà déjà un an que la deuxième guerre brise ses rêves…Pourra t-il reprendre un jour les courses ?

Son carnet de route s’achève en juillet 1941…

En 1942, il sera à l’Olympique Amiénois… il quitte le CCA.

Le 19 septembre 1942 Henri Lemaire fera une dernière course, il portera le dossard 18 pour la course de 90 kilomètres.

Puis il reprendra  les travaux à la ferme familiale. Il se déplaçait toujours en vélo, mais c’était un moyen d’apporter des messages et de faire de la résistance… il sera arrêté par la gestapo et interné en prison d’Arras pendant plusieurs mois de l’année 1943.

En 1948, Henri aura sa formation d’élève gendarme. Mais gardera toujours en tête sa passion du vélo.

Il participera à la guerre en Indochine, il écrira un journal de 600 pages et plus de 600 lettres en deux ans.

C’est en tuant des taupes déclarées nuisibles pour les jardins qu’Henri gagna de l’argent : 5 sous étaient donnés par taupes par les mairies. Et grâce à cet argent, il achètera son beau vélo de course avec dérailleur (exposé à l’Office de Tourisme d'Albert) : une prouesse technique à l’époque !